souffle

Il suffira d’un souffle …

Laissez-vous bercer en lisant cet article

Coincée !

Je me sens coincée ! Et pourtant il y a tant de portes ouvertes autour de moi. D’où peut bien me venir cette sensation qui va jusqu’à briser mon corps et empêcher ma respiration?

Flash back…

Il y a plusieurs années de cela ce fut bien mon sentiment : coincée ! Peu importe les mauvaises ou les bonnes raisons de l’époque. A ce moment là je me suis sentie obligée de partir d’un lieu, d’un espace et d’un temps qui attisaient ma joie de vivre à chaque instant : des amis sincères et des relations simples et vraies, le délice de me lever pour aller exercer un métier que j’aimais avec des personnes qui me permettaient de m’épanouir. Une reconnaissance sociale aussi et la joie indicible de me sentir à ma juste place. Une session où les spots étaient nombreux et joyeux !
Ce choix de partir fut bien le mien. Et pourtant..
Quelques années plus tard, quelques prises de conscience plus loin, ce sentiment d’être coincée revient en force ?! Serait-il venu le temps d’en faire enfin le tour complet ?

C’est mon corps qui m’informe !

Depuis plusieurs jours je suis le centre d’un combat qui semble faire rage entre mon âme, mon cœur, et mon mental et rend mes intentions confuses.
Certes une constellation aurait vite fait de remettre tout ça dans l’ordre, si le moindre mouvement ne me plongeait dans une apnée forcée dont je ne sors que pour mieux me laisser happer par une quinte de toux qui me procure une douleur intense dans le dos… En d’autres termes… je vais vraiment mal…

Et si c’était pour la “bonne cause” ?

J’ai effectivement du mal a respirer dans quelques domaines de ma vie… le temps d’en faire le tour et je commence à apercevoir quelques espaces de respiration… Mes besoins essentiels se rappellent à ma mémoire : aimer, bouger, rencontrer, lire et me nourrir, surfer, chanter bien sur, et servir, une cause, une grande, une belle, et puis choisir un lieu de vie qui me procure une joie sans mélange… Entre l’espace-temps que j’ai quitté et celui qui m’attend, je suis en transit. L’air vient à manquer dans cette zone (de confort ????!) où je suis déjà restée bien trop longtemps… Moi la nomade… plus de 15 ans de présence fidèle au même endroit… Un record qui me vrille les poumons !

Prochaine étape : retrouver ma liberté… L’aurais-je perdue ?

Oui… et non ! Car tout est là, en permanence, alimenté par mes pensées et surtout mes sentiments, mes émotions… quelle est donc celle qui me colle le dos au mur avec cette impression étrange que je ne peux pas sortir du piège et qu’il n’existe aucune solution ? Serait-ce à nouveau une peur ? Une autre encore ? Cela ne finira donc jamais ?!?
La liberté… J’ai 47 ans, 2 enfants encore jeunes, un mari, une maison, et globalement je fais plutôt ce que je veux. Et pourtant… J’étouffe ! Est-ce bien raisonnable alors que sur certains plans la joie est bien tangible et que mon bonheur d’être est palpable ?
Je laisse mon corps sortir ses poubelles et se vider des déchets de tant d’années passées dans quelques fausses directions que je mets à nue, totalement et sans fausse pudeur.

Mon corps se libère peu à peu de cet étau.

5 semaines de toux, d’encombrements multiples, de colère intérieure, contre moi-même surtout… et puis, en ligne de mire, une respiration, le souffle : la liberté !
Des changements profonds ont eu lieu. Je retrouve ma spontanéité totale. Mon corps tendu par la fatigue a réussit à faire taire mes pensées pour laisser toute la place à mon cœur qui gonfle enfin ses voiles en mode très intuitif !
Le souffle revient avec douceur dans chacune de mes cellules.
Une précieuse molécule de fer coule à nouveau dans mes veines comme pour mieux me donner l’occasion de ressentir l’Aimant de la Vie. Notre relation change. Mon corps et moi établissons d’autres liens. Définitivement. Mes ailes solidement attachées échappent (enfin!) au contrôle de mes pensées rationnelles. Je me laisse être cet oiseau épris de vol libre. Au risque de voler seule et au bonheur de rejoindre les miens, d’autres électrons libres…
Je me cale dans ce flow, ni tout à fait ancien, ni tout à fait nouveau, et totalement consciente de l’Amour qui me remplit. Un Amour hors norme, que j’accepte totalement puisque ma liberté est à ce prix. Un Amour qui ne s’explique pas, parce qu’incompréhensible pour la plupart des humains de passage…
“Voyons l’Amour, madame, dans votre situation, ce ne peut être qu’une relation coupable. Vous n’y pensez pas ?” ou encore “Cet amour là Madame, vous ne pouvez y accéder, il demande des qualités que tout un chacun n’avons guère” ou bien même “l’Amour vous dites ? Mais qu’en savez-vous ? Et qui êtes-vous pour en parler de la sorte ?”… Autant de voix qui ne parlent que d’elles-mêmes et dont je n’ai que faire !
Tomber dans le trivial où l’impossible semble être la seule issue ?
L’humain ne peut-il concevoir un amour unifiant et unifié où le seul but n’est pas de posséder l’autre mais bien de lui offrir toute sa pleine et entière liberté ? Où la joie du bonheur de l’autre est un but en soi ? Où la tristesse d’une séparation n’est que la tendre empreinte d’une qualité de présence et d’attention partagées ? Où l’éloignement ne peut être souffrance tant la marque de l’autre a transcendé mon être à tout jamais ?
Cet amour serait ridicule pour qui ? Et à quel titre si ce n’est au titre d’une jalousie non avouée et au prix d’une dérision qui tenterait vainement de masquer la tristesse de ne pouvoir vivre une telle plénitude ? A ceux qui jugent dans ce sens j’adresse toute ma sollicitude.

Le souffle de l’Amour pour toute liberté !

Il m’a fallu des années pour vivre cette qualité d’Amour, cette profondeur totale, cet Instant, mille fois réactivé par une simple présence, l’expression d’une fragilité, d’une tendresse furtive, d’une puissance alignée, d’un signe, d’une connivence spontanée…
Il a suffit d’un souffle de… liberté !
Toutes ces marques je les ai accueillies, je les ai aimées et sans m’en rendre compte elles ont attisé le souffle de ma liberté. Insensiblement je me suis laissée prendre au jeu de l’autre, miroir de mon propre jeu, où la joie, la passion et le partage sont vite devenus le centre d’échanges subtiles et séduisants, profonds et déroutants.
Et ce soir je pose dans ces quelques lignes, et pour le reste de ma vie, que rien n’est plus doux que ce souffle de vie qui à nouveau remplit mes poumons libérés. Accepter cet état, souhaiter le partager pour le vivre en conscience et jouer avec bonheur dans les vagues de la vie comme des dauphins espiègles. Je n’aspire a plus de gloire.

Même si toute liberté comporte une part de risque…

Partager cette conscience impose un échange vrai, un “oser dire” qui vient rendre explicite et tangible cet Amour don, cette “Philia”*. C’est là, en quelque sorte que l’idéal disparait pour laisser la place à une version du réel que l’autre peut refuser, tant l’idéal et la fuite peuvent être confortables… Éloge ?
Cela implique alors pour moi l’acceptation totale d’une possible perte de lien, d’une séparation avant l’heure en quelque sorte. Je peux aussi faire le choix de taire à tout jamais ce qui révèle la vie en moi…au risque de le regretter éternellement !
En ai-je la force ? Puis-je me le permettre ?
Difficile pourtant de poser le sujet en 2 mn 30 chrono, comme ça, l’air de rien… Challenge ? Défi de la Vie ? Ai-je ce courage ?
Pour l’heure, je m’en remets à la Vie et à son Flow. Je m’ouvre à sa Confiance et à son Amour. Ce soir je ne suis que cette ultime vibration, cette unique fréquence qui, de proche en proche rejoint et fait vibrer cet Autre et lui propose une respiration partagée. Un Instant d’Éternité…

L’amour parfume les souvenirs des hommes et des femmes, il enchante de son souffle chaque aspiration de nos poumons. L’amour est exaltation du temps présent, notre délectation atavique pour l’éternité. Les Éternelles – Yves Simon

 

*Philia : « Aristote utilise un même mot pour désigner l’amour et l’amitié, ces deux sentiments fondamentaux de la communion affective que nous avons tendance à séparer. “philia est ce qu’il y a de plus nécessaire pour vivre.” Philia est un amour profond qui unit aussi bien des amis que des couples, le fondement de toute relation humaine authentique : on choisit une personne avec laquelle on partage un projet, un désir de “faire une œuvre commune”. […] Il ne consiste pas à aimer quelqu’un qui ne nous aime pas, mais une personne avec laquelle nous nous encourageons mutuellement, nous nous aidons réciproquement à nous épanouir, à nous accomplir.

La Puissance de la Joie – Frédéric Lenoir / Fayard 2015


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