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Le Son de Vie…

Jeudi dernier, par ici, le temps était à la pluie et les températures pas bien chaudes. Le vent au large rapportait de grandes vagues bien fougueuses provoquant une marée bouillonnante aux abords de la plage…

18h01, j’entre dans l’eau.  Il me faut un peu plus de temps que d’habitude pour m’habituer à sa température… Fatigue de fin de semaine, préoccupantes incertitudes…

plage surf temps gris1La puissance et le rythme des vagues sont intenses encore une fois et les premières minutes dans l’eau sont particulièrement remuantes.

A tel point que je me demande comment va se dérouler cette session… Debout sur la planche ou pas, ce soir ?

Au fur et à mesure de mon corps-à-corps avec l’océan, je commence à sentir la chaleur qui se fraye un chemin partout où la Vie se bouscule à l’intérieur.

C’est le signal. Je peux monter sur la planche. Quoi qu’il arrive je n’aurai pas froid.

Commence alors l’aventure de la session…

Sans faillir pendant 45 minutes je vais choisir la vague, sentir le moment où je peux me hisser sur le surf, y parvenir et enfin tenter de me lever.

45 minutes d’assaut sans relâche avec la mer, d’affrontement avec ses vagues qui me dépassent et pourtant me portent à plusieurs reprises. 45 minutes pendant lesquelles, au milieu de la furie, plusieurs fois l’Instant refait surface…

Je ne pense plus à rechercher mon équilibre, je ne pense plus à « bien » me placer sur le surf, je ne pense plus à « bien » passer mon genou gauche en premier, je ne pense plus à … rien.

Je ressens. Il m’arrive à nouveau de fermer les yeux pour mieux sentir le mouvement de la vague sous le surf… Le moniteur super patient, m’encourage. Je suis à quelques pas de ce … premier pas.

Au milieu de cette impétuosité  j’apprends à marcher sur l’eau…

Au cœur des creux et des bosses faites d’écume et d’eau salée, il y un espace de douceur qui se crée peu à peu. A chaque fois que je me hisse sur le surf, je sais de mieux en mieux si c’est le bon moment, la bonne vague, ou pas. Je peux même sentir si je dois donner de la vitesse pour aller plus loin.

Au milieu de cette fureur j’apprends à lire la mer, à lire les vagues…

A chaque fois que je me hisse sur la planche, je me tends toute entière vers l’avant pour prendre encore plus de vitesse, sentir le vent, sentir le flow. Mes mains se posent et finissent par donner cette poussée qui doit permettre à mes jambes de prendre leur place.

La vitesse de chaque vague prise accélère le temps tandis que l’Instant le stoppe net. femme-bien-etre-eau-zenJ’entre dans ce mouvement immobile, ce son muet, là où l’unité du Tout et du Néant s’impose, comme une sorte de dôme autour de moi…

Mais la vague est plus vive que l’Instant et le mouvement gagne toujours ici-bas…

Ensuite, je tombe, à chaque fois. Et à chaque fois je me relève dans un rire de mouette que je partage avec l’eau, le sel, le vent et parfois aussi avec mes surf buddies*.

Et à chaque fois mes gestes sont moins hésitants, plus surs et plus rapides. J’y suis presque. Mes pieds se placent mais l’impulsion des bras est encore trop faible pour soulever tout mon corps rapidement. Je sens la rage de vaincre… Je la retrouve au milieu de mon univers de douceur. L’une et l’autre se mêlent, se confondent, se texturent comme pour mieux donner naissance à un sentiment nouveau, que je ne connais pas. Ce n’est pas l’Instant, c’est encore autre chose…

Et je sens que c’est cette « chose » qui va me porter encore plus loin, à la prochaine session.

Il est un peu moins de 20h00 à présent. Je suis dans l’eau depuis près de 2 heures et pourtant mon corps n’est pas encore rassasié, même si ce soir il a tout reçu : embruns, océan, mouvement, brutalité et furie des vagues, douceur, Instants…

Mais je le sens encore avide de ce nouveau sentiment, de cette nouvelle sensation.

Il veut la connaître encore, entrer encore en contact avec elle comme si quelque chose en moi, quelque part, l’avait reconnue…

20h17, enfin changée, je croise mon regard dans la glace du vestiaire, je m’y arrête, fascinée…

En traversant cette expérience, mes yeux ont gardé la trace de cette sensation que je devine, divine… Mon âme est éveillée, incarnée sans retenue et mon corps se souvient, peu à peu et totalement, qu’il est relié en permanence à la Création, à l’Amour sans condition et au Silence de l’espace qui s’étire entre chaque Son de Vie.

 

 

Leçon de vie pour toi, Transurfeur…

La vie nous apporte des moments houleux, des moments où nous pouvons devenir furieux, des moments où la rage ou tout autre sentiment intensément douloureux peut nous atteindre, … mais de quelle essence est réellement cette rage, cette furie, cette houle, cette douleur ?

Il y a au milieu de ce cyclone, un œil, un endroit privilégié, comme protégé des tumultes… C’est dans cet œil, en son centre, l’endroit précis où tout est à la fois mélangé, présent et hors d’atteinte, que réside notre espace clair, notre part divine.

C’est en elle que nous pouvons puiser tout ce dont nous avons besoin pour dépasser nos limites et nos peurs et enfin oser réaliser nos rêves et persévérer… Jusqu’à les atteindre.

C’est en elle que nous trouvons le silence dans lequel le possible prend sa source…

*surf buddies : copains surfeurs


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