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Debout sur la vague : exercice de style

L’été bat son plein !

Les vacanciers vont et viennent et je bouge moi aussi. Un peu. Suffisamment en tout cas pour tester d’autres lieux, d’autres contextes et mettre à l’épreuve mes progrès de surfeuse de vagues et de Vie.

Cet été, c’est le moment ! Je cherche mon style… Celui qui va bien avec qui je suis vraiment.

Bon, c’est sur, vu que je reste encore assez peu longtemps sur les vagues que je prends, je vous vois rire et je peux même en entendre rire certains d’ici…
Riez ! C’est bon pour la santé !

Moi aussi je ris. Et je teste un peu de tout, un œil sur mes progrès et un œil sur ceux que j’ai envie de faire. J’ai enfin adopté mon »rythme surf », c’est-à-dire RESPECTER LES ÉTAPES QUE MON CORPS ET MA TÊTE M’IMPOSENT !

Je regarde attentivement mes progrès.

Depuis le mois de mai je prends des vagues debout sur ma planche. Quel pied !

J’ai aussi trouvé le bon endroit pour être plus stable sur le board. Du coup je reste plus longtemps sur la vague. J’ai du au moins gagner 10 mètres de vague. Faire durer le plaisir devient tout un art … 😉

J’ai (enfin !) accepté la vitesse et je suis même capable d’accélérer au démarrage, et parfois aussi quand je suis sur la planche. Ben oui, sans vitesse difficile de trouver l’équilibre ! Vous avez déjà essayé à vélo ?

Un truc vraiment bien : je choisis mieux mes vagues, je peux attendre la mienne avec plus de sagesse, plus d’observation, plus de sérénité. Je suis meilleure en intention, meilleure quand je rame, meilleure pour être là au bon moment…

Du coup je peux enfin commencer à viser d’autres étapes !

J’ai bien compris que le temps et la manière d’aborder la mer est un moment précieux. Alors je l’installe.

C’est de plus en plus difficile pour moi d’entrer dans l’eau comme un chien fou. Je ressens le besoin de me poser là, devant Elle, de la regarder droit dans les yeux et de la remercier : pour la joie qu’elle me donne déjà d’être là, et aussi pour les vagues qu’elle va me donner et le plaisir qu’elle va m’offrir sur cette session.

Ensuite j’ai besoin de sentir mon corps être prêt pour La Rencontre. Alors je le mets en mouvements, j’étire, j’échauffe et réchauffe.

En passant… Merci à toi, Franck ! Grâce à notre rencontre j’ai remis le Chi-Kung dans mes rituels. Il y avait déjà la méditation et le yoga… Je ressens le besoin de revenir à ces mouvements ancestraux. Sans doute pour plus de profondeur… Deep Bleu Dream… Je fais une pause avec le yoga peut-être un peu trop « statique » pour moi en ce moment.

Puis vient le moment que j’aime le plus : le moment de la visualisation de la session. J’aime m’asseoir sur la plage, fermer les yeux, entrer dans ma salle de cinéma perso et voir et ressentir, version « Grand Large » ce que j’ai envie de vivre, de recevoir pendant cette session.

Avec le temps, j’ai affiné considérablement ma technique. C’est un doux mélange d’images, de sensations corporelles exacerbées, de positionnement mental et émotionnel.

Technique :

Je commence par « convoquer » le plaisir. Puis je l’enrichit totalement des émotions qui me portent et me transportent comme l’amour, la plénitude, la sérénité, le don… Celles-là c’est essentiellement pour l’équilibre et pour mieux glisser sur l’eau. J’y intègre aussi l’espièglerie, la joie et la curiosité. Celles-là c’est pour me pousser vers la progression. Elles entretiennent mon émulation bien vaillante.

Ensuite, je me visualise dans mes plus beaux gestes, vue de la plage. Et je laisse le film se dérouler, vague après vague. Puis peu à peu je reprends les mêmes images, mais cette fois-ci, vues et ressenties depuis « chez moi », là, sur la planche, dans l’eau. J’ai les images, j’ai les émotions, et je me laisse gagner par les sensations corporelles. Ça y est , il ne reste plus qu’à ajouter les infos de mes capteurs sensoriels :

  • le son : le bruit des vagues
  • la vue : la plage en ligne de mire, la luminosité, les couleurs de l’eau, de la mousse…
  • l’odorat : la mer à une odeur qui change à chaque fois
  • le toucher  : le contact de la planche avec le corps, les mains et puis avec les pieds seulement
  • le goût : de l’eau, du sel

Et j’y ajoute ma touche finale, une sorte de dialogue avec mon Autre et enfin mon mantra personnel qui me permet peu à peu d’associer tout ça en une seule « image visuo-sensori-emotionello-mentalo-spirituelle », une empreinte quoi, qui me conditionne totalement, corps et âme.

Ce que je « vois-perçois » me plait. Je me sens prête… Retour sur la plage…

Je prends ma planche et marche vers l’eau, vers La Rencontre avec Elle. Je sais que ce sera une bonne session…

La dernière fois, j’étais vraiment super heureuse ! Je me suis souvenu qu’il y a quatre mois, j’avais pris une planche sans trop faire attention. Je n’avais pas pris mon temps avant d’entrer dans l’eau et … Ben pas moyen de tenir seulement allongée sur cette fichue planche ! Alors me lever, tu penses ! Trop courte, pas assez large, bref, pas faite pour moi… Eh ben c’est avec cette planche que j’ai passé une magnifique session ! Waouh ! Fière de moi !!!! Alors j’ai célébré, à ma manière. j’ai remercier… Moi, mon Autre, ma Mer, la Vie.

Progrès en cours : ne pas déranger !

Peu à peu je dirige mes visions vers tout ce que je veux recevoir… Et la prochaine étape c’est d’aller là où je n’ai pas pied. Sortir de ma zone de confort, aller chercher la vague plus loin pour plus de temps de plaisir. je regarde beaucoup les autres en ce moment. Et comme à chaque étape, je regarde aussi comment elle résonne dans ma vie…

Avaguesller surfer là où je n’ai pas pied c’est enfin pouvoir accéder sans retenu à mes intentions les plus profondes, les plus nobles, les plus lointaines. C’est marquer de mon sceau ma capacité à sortir de mes zones de confort. C’est oser aborder d’autres rives et me laisser faire ce que j’ai déjà appris pour attraper d’autres courants… Mais lesquels ?

Seul l’avenir me répondra. Quand j’oserai aller surfer là où je n’ai pas pied…

 

 

 


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Oh Happy (girls) Day !

  4 juillet 2016. Jour de l’indépendance de l’autre côté de la mer… Et ici ?

Un cœur qui fibrille, des bruits de fond permanents, un silence qui a du mal à s’imposer, la promesse d’un Instant qui semble s’évanouir à chaque minute qui passe.

Par moment une douleur-lumière fulgurante qui me traverse toute entière comme pour mieux me faire comprendre qu’il y a encore une urgence.

Je sens mon corps tendu à l’extrême et mes nerfs à bout de force.

Vite ! Urgence de rejoindre la prochaine vague !  Urgence de créer coûte que coûte une a-stimulation nerveuse.

Je me rends à l’évidence. J’y consens totalement. Ça va me libérer ? Vraiment ?

En apnée, je roule vers le spot, histoire d’expérimenter une nouvelle solitude.

Nouvelle ? Oui, celle-là me laisse un goût différent de celle d’avant : avant de me laisser aller au contact d’une énergie d’homme singulière… Avant cette curieuse rencontre avec une sorte de manière d’incarnation du Masculin Sacré. Une onde d’une lumière et d’une couleur si spéciales…

Mais l’heure de s’éloigner est venue. Et avec elle, le moment d’effondrement total, prévisible, insupportable. C’est comme la fois où j’ai du dire au revoir à un fils avant de lui avoir souhaité sa bienvenue au monde. Je me retrouve encore avec un p! de « trop plein d’Amour » qui ne peut pas couler dans la vallée qui devait l’accueillir…

Résonances, conflits d’ondes et … Bourdon ?

Quand deux cordes d’un piano vibrent à la même fréquence, elles dégagent tant d’énergie qu’une troisième se met à vibrer spontanément… C’est le bourdon. Rien à voir avec la mélancolie. Bien au contraire…

Je reconnais cette expérience ! C’est le moment pour moi d’installer définitivement cette vibration à l’intérieur, tout au fond de l’intime. C’est le moment de l’intégrer totalement, d’engrammer cette fréquence, cette essence. Je veux vivre pleinement ma résurrection dans la communion du masculin et du féminin sacré.

J’ai besoin de ralentir le rythme de mon cœur et de dilater mes poumons. De l’eau fraîche sur mon visage…

J’arrive enfin sur la plage

D’abord je me sens seule au dedans comme au dehors… j’ai froid, je me sens vide et je ne vois plus rien. Je me sens coupée du soleil et malgré le bleu du ciel, il fait bien sombre. Je marche, longtemps, loin de l’eau. Après ? J’observe les vagues. Le ressac est doux mais je n’ai pas la force de glisser dans ma combi et encore moins de porter ma planche jusqu’ici.

19h30 : l’accord
D’un seul regard, j’embrasse l’océan. Être seule dans l’eau ne me remplit plus de la même joie. J’ai changé de fréquence. Mes ondes radio oscillent avec une longueur différente, dans une nouvelle direction… Me viennent alors des mots en vrac : ensemble, duo, complément, équilibre, jeu, joie, destination… Puis surgissent de l’abysse : infinitude, mieux encore, complétude. Oui, une infinie complétude…

Je regarde ce mot « COMPLÉTUDE ». Je le ressens là, à l’intérieur. Et puis je me décide à glisser dessus, à cœur perdu…

Maintenant, je ferme les yeux et j’écoute attentivement la voix du bourdon qui murmure …

« Tu es dans l’eau, allongée sur ton surf, face à la mer.

Tu sens les vagues sous ta planche. Tu les ressens avec tout ton corps : ta poitrine, ton ventre, tes cuisses, tes genoux, tes orteils.

Tu observes la mer, ta mer, ton âme… Tu as confiance et tu regardes les vagues. Tu les observes…

Tu en choisis une. Elle est différente des autres tu le sais. Tu l’aimes déjà rien qu’en regardant comment elle arrive vers toi.

Tu pivotes ton surf pour t’aligner sur la vague. Tu es dans le mouvement, rien que là.

Tu te places, tu commences à ramer.

Elle se rapproche. Tu accélères !

Quelques millièmes de seconde de silence et elle déferle avec toi dessus…

La vitesse, le vent, l’eau, le sel, tout est là et tu glisses avec tout ça autour de toi.

Encore quelques dixièmes de secondes et c’est l’impulsion, l’envol ! Et là, tu es debout sur ta planche qui glisse à toute vitesse vers la plage, droit devant !

Renaître ! Bon sang ! Renaître….

Tu arrives au monde à toute allure, toute mouillée, les pieds en appuie sur le plancher !

La Vie, là, dedans, dehors. Partout ! … »

Retour sur la plage… Comme toi, je me pose. Doucement…

Mon regard se pose lui aussi… sur mes pieds, sur le sable devant, sur la mer. Évidence !

Là ! Elle est là l’énergie qui me manquait ! Là ! C’est l’heure d’aller me changer et de me jeter à l’eau !

20h10 : le détachement et la reliance

Au dessus de la ville les nuages sont noirs et encerclent la plage. Au dessus de l’eau, sur le spot, c’est Inti1 qui brille de tous ses feux pour honorer les dernières heures du jour avant de continuer sa course vers demain. Ce soir il m’enrayonne aussi. Je crois… Je me sens tellement bien !

Je suis dans l’eau, sur ma planche et je prends les vagues que la mer veut bien me donner. C’est elle qui me guide…

Oui. Complétude…

Je suis une fille de la Vie.

Inti c’est mon père.

Pachamama2 c’est ma mère

et la mer. Kkuchamama3 c’est mon âme !

Je ne serai plus jamais seule !

Mes yeux ont engrammé un autre regard que le mien. La pensée de solitude a disparu. Pas le moindre manque. Juste le désir, là, de Sahasrara4 à Mooladhara5 .

Ma joie ? D’une puissance folle ! Et bien engrammée elle aussi ! Reliée à cette conscience aigüe d’une curiosité, d’un amusement, d’une autre joie, partagée. Peut-être Aimée…

« – On s’est bien amusés ?

– Eau..  oui ! »

J’existe entièrement…  Complétude !
Rien ne peut disparaître à présent. Chaque session est pour moi comme un Happy (Girl) Day !

Merci à Esprit Surf - Longeville-sur-Mer pour l'image à la Une et le Happy Girls Day du 16 juillet 2016. Il m'a permis de donner naissance à ce texte et d'en lire quelques uns à voix haute. Délices !
 Merci à Claire-Marie, mon coach vocal, et à Joss pour l'inspiration maritime...
 Que de bonheurs partagés !!  GRATITUDE

1Inti est la manifestation inca/panandine du soleil. C’est une force divine reconnue par tous les peuples andins. Selon la mythologie inca, il est le fils de Viracocha, dieu de la civilisation inca. Chaque jour Inti parcourt le ciel vers l’ouest puis plonge dans la mer pour nager et revenir le lendemain matin à l’est et reprendre sa course céleste. Les incas avaient peur lors du coucher du soleil à l’ouest qu’il ne puisse pas nager pour réapparaître le matin suivant à l’est.

2La Pachamama (Terre-Mère), étroitement liée à la fertilité dans la cosmogonie andine, est la déesse-terre dans certaines cultures présentes essentiellement dans l’espace correspondant à l’ancien empire inca. La figure de Pachamama est particulièrement forte chez les peuples Aymara et Quechua. Elle constitue une déesse majeure de la culture pré-inca Tiwanaku en Bolivie.

3Kkuchamama : la mer pour le peuple Quechua

4Sahasrara : nom du chakra couronne (sommet de la tête). Le nom des 7 chakras 7 – Sahasrara, la couronne. 6 – Ajna, le 3ème oeil. 5 – Vishuddi, la gorge. 4 – Anahata, le  cœur. 3 – Manipura, le ventre. 2 – Swadhistan, le sexe. 1 – Mooladhara, la base.

5 Mooladhara : nom du chakra de base (périnée)

 

 


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Silence… et bruits de fond

Alors que sentir la vague m’a enivrée à un point fou, alors que chaque session a été pour moi une nouvelle expérience me conduisant au plus près de mon souhait le plus cher, alors que ce souhait s’est accompli, et que je me pensais hurlante de joie, c’est le silence qui est au rendez-vous.

Je m’étais préparée à avoir les mots les plus justes pour partager mes impressions, mes sensations colorées sur cet événement : j’ai enfin fait face au bonheur de vivre, debout sur une planche de surf…

Mais il n’y a pas eu de couleur, pas vraiment… J’ai seulement rencontré le silence…

Il est seul à notre rendez-vous.

Il me cueille comme une lame de fond, me dépasse et m’entoure pour mieux m’enrouler au creux de sa vague sourde et pleine.

Il est partout. Avant, pendant et après l’expérience. Même le son des vagues s’est éteint. Plus rien ne vient troubler ce silence d’une profondeur quasiment extatique.

Il rôde parmi les embruns pour mieux me surprendre au détour d’une crête écumante.

Il m’envahit toute entière dès que je me place au centre du mouvement. Il ne me quitte plus et me ramène à l’intime de ce qui est.

Que mes pensées se rappellent à mon bon souvenir et le silence s’évapore. La chute est imminente.

silence surfQue je fasse le silence à l’intérieur et tout autour de moi se tait. Il n’y a plus que ce mouvement, cette onde silencieuse sur laquelle j’avance.

Être debout, regarder droit devant… Le chemin se trace sur la vague…

 

Mais il y a encore des impatiences qui font taire le silence et revenir les bruits de fond. Il y a encore des vagues prises trop vite, coûte que coûte et qui me pressent. Je me retrouve alors privée d’une joie plus grande encore. Si seulement j’avais su attendre la suivante !

Oui, il y a encore de l’urgence en moi.

Je ressens comme une injonction à l’action, un ordre de mission qui ne tolère aucun report. M’en défaire est la meilleure nouvelle habitude à prendre. Je pensais pourtant avoir lâché beaucoup de cette urgence de vivre. Je me retrouve là, comme si tout était à refaire… Une humilité déjà cent fois éprouvée revient encore me narguer.

J’ai retrouvé la rage de vaincre et avec elle mon sentiment guerrier. Il ne me reste plus qu’à faire un arrêt silencieux dans ce sentiment particulier qui réveille en moi l’envie de combattre quand d’autres préfèrent la fuite. Je sais que je fais fausse route.

Seule peut vaincre la guerrière océan, la guerrière pacifique.

Celle qui est juste dans l’action ou plutôt dans l’action juste. Une action simplement activée par l’évidence et non le sentiment du devoir : devoir faire, devoir agir, devoir apprendre, devoir se lever…

Le silence devient alors mon meilleur compagnon de route. Il est au centre de ce que je SUIS. Il est le seul à pouvoir m’apporter les réponses à ce que je cherche.

C’est dans ce silence que je peux choisir ma réalité, sans craindre le danger, sans avoir besoin de fuir. C’est dans ce silence que l’essence est à l’aise.

C’est ce silence qui m’inspire. Et pourtant c’est la révolte qui gronde en moi aujourd’hui. L’un étant de l’autre le contraire. Ils cohabitent et je ne sais aujourd’hui lequel gagnera, ni même si l’un d’eux doit gagner.

Ils sont en moi et demeurent encore sous une forme duelle.

enjoy_the_silenceEt si mon chemin est un chemin d’unité, alors je sais qu’ils trouveront à produire un alliage nouveau, fait d’équilibre et de puissance, de profondeur et de reliefs.

De l’abîme à la cime, il n’y a qu’un pas, juste une frange glissante sur la vague naissante.

Et le silence déploie ses ailes autour de moi pour mieux saisir mon vacarme intérieur : un battement de cœur, tonitruant, assourdissant, dérangeant le souvenir d’une mort qui aurait pu être douce.

 

 

Une séparation originelle me revient en mémoire.

Mon corps se souvient d’une crispation, d’une douleur fulgurante, de l’arrachement d’un morceau de moi, ou de l’autre, d’une promesse de retrouvailles à tenir par delà la douleur et au delà de la vie.

Ce silence me fait faire naufrage tantôt sur des continents dévastés, tantôt sur des rives luxuriantes.

Mon corps est bringuebalé au gré de mes chutes, dans cette eau salée qui m’enveloppe et m’embryonne et me ramène au noyau de ma première cellule. Puis je vole en éclats sans certitude de pouvoir un jour me retrouver entière…

silence-stillnessPuis à nouveau le silence…

Et c’est dans ce silence que se construit peu à peu la suite de ma route d’âme, en commun accord avec l’âme du monde. Et avec la vôtre aussi, peut-être…

In Lakesh*

 

 

* In Lakesh est une expression maya qui signifie ‘Je suis un autre toi’ ou encore: ‘Je suis toi’. Ce salut maya vient nous rappeler que nous sommes les maillons d’une immense chaîne: l’Humanité. Bien que chaque individu ait une évolution qui lui soit propre, l’évolution de l’espèce toute entière peut dépendre de celle d’un petit groupe.

Que nous le voulions ou non, nous sommes connectés les uns aux autres, ne serait-ce que par le fait de vivre sur la même planète. Que nous en soyons conscients ou non, nos actions quotidiennes peuvent avoir des répercussions sur des humains qui vivent à des milliers de kilomètres de nous.

Puisse mon chemin servir à d’autres…


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Le Son de Vie…

Jeudi dernier, par ici, le temps était à la pluie et les températures pas bien chaudes. Le vent au large rapportait de grandes vagues bien fougueuses provoquant une marée bouillonnante aux abords de la plage…

18h01, j’entre dans l’eau.  Il me faut un peu plus de temps que d’habitude pour m’habituer à sa température… Fatigue de fin de semaine, préoccupantes incertitudes…

plage surf temps gris1La puissance et le rythme des vagues sont intenses encore une fois et les premières minutes dans l’eau sont particulièrement remuantes.

A tel point que je me demande comment va se dérouler cette session… Debout sur la planche ou pas, ce soir ?

Au fur et à mesure de mon corps-à-corps avec l’océan, je commence à sentir la chaleur qui se fraye un chemin partout où la Vie se bouscule à l’intérieur.

C’est le signal. Je peux monter sur la planche. Quoi qu’il arrive je n’aurai pas froid.

Commence alors l’aventure de la session…

Sans faillir pendant 45 minutes je vais choisir la vague, sentir le moment où je peux me hisser sur le surf, y parvenir et enfin tenter de me lever.

45 minutes d’assaut sans relâche avec la mer, d’affrontement avec ses vagues qui me dépassent et pourtant me portent à plusieurs reprises. 45 minutes pendant lesquelles, au milieu de la furie, plusieurs fois l’Instant refait surface…

Je ne pense plus à rechercher mon équilibre, je ne pense plus à « bien » me placer sur le surf, je ne pense plus à « bien » passer mon genou gauche en premier, je ne pense plus à … rien.

Je ressens. Il m’arrive à nouveau de fermer les yeux pour mieux sentir le mouvement de la vague sous le surf… Le moniteur super patient, m’encourage. Je suis à quelques pas de ce … premier pas.

Au milieu de cette impétuosité  j’apprends à marcher sur l’eau…

Au cœur des creux et des bosses faites d’écume et d’eau salée, il y un espace de douceur qui se crée peu à peu. A chaque fois que je me hisse sur le surf, je sais de mieux en mieux si c’est le bon moment, la bonne vague, ou pas. Je peux même sentir si je dois donner de la vitesse pour aller plus loin.

Au milieu de cette fureur j’apprends à lire la mer, à lire les vagues…

A chaque fois que je me hisse sur la planche, je me tends toute entière vers l’avant pour prendre encore plus de vitesse, sentir le vent, sentir le flow. Mes mains se posent et finissent par donner cette poussée qui doit permettre à mes jambes de prendre leur place.

La vitesse de chaque vague prise accélère le temps tandis que l’Instant le stoppe net. femme-bien-etre-eau-zenJ’entre dans ce mouvement immobile, ce son muet, là où l’unité du Tout et du Néant s’impose, comme une sorte de dôme autour de moi…

Mais la vague est plus vive que l’Instant et le mouvement gagne toujours ici-bas…

Ensuite, je tombe, à chaque fois. Et à chaque fois je me relève dans un rire de mouette que je partage avec l’eau, le sel, le vent et parfois aussi avec mes surf buddies*.

Et à chaque fois mes gestes sont moins hésitants, plus surs et plus rapides. J’y suis presque. Mes pieds se placent mais l’impulsion des bras est encore trop faible pour soulever tout mon corps rapidement. Je sens la rage de vaincre… Je la retrouve au milieu de mon univers de douceur. L’une et l’autre se mêlent, se confondent, se texturent comme pour mieux donner naissance à un sentiment nouveau, que je ne connais pas. Ce n’est pas l’Instant, c’est encore autre chose…

Et je sens que c’est cette « chose » qui va me porter encore plus loin, à la prochaine session.

Il est un peu moins de 20h00 à présent. Je suis dans l’eau depuis près de 2 heures et pourtant mon corps n’est pas encore rassasié, même si ce soir il a tout reçu : embruns, océan, mouvement, brutalité et furie des vagues, douceur, Instants…

Mais je le sens encore avide de ce nouveau sentiment, de cette nouvelle sensation.

Il veut la connaître encore, entrer encore en contact avec elle comme si quelque chose en moi, quelque part, l’avait reconnue…

20h17, enfin changée, je croise mon regard dans la glace du vestiaire, je m’y arrête, fascinée…

En traversant cette expérience, mes yeux ont gardé la trace de cette sensation que je devine, divine… Mon âme est éveillée, incarnée sans retenue et mon corps se souvient, peu à peu et totalement, qu’il est relié en permanence à la Création, à l’Amour sans condition et au Silence de l’espace qui s’étire entre chaque Son de Vie.

 

 

Leçon de vie pour toi, Transurfeur…

La vie nous apporte des moments houleux, des moments où nous pouvons devenir furieux, des moments où la rage ou tout autre sentiment intensément douloureux peut nous atteindre, … mais de quelle essence est réellement cette rage, cette furie, cette houle, cette douleur ?

Il y a au milieu de ce cyclone, un œil, un endroit privilégié, comme protégé des tumultes… C’est dans cet œil, en son centre, l’endroit précis où tout est à la fois mélangé, présent et hors d’atteinte, que réside notre espace clair, notre part divine.

C’est en elle que nous pouvons puiser tout ce dont nous avons besoin pour dépasser nos limites et nos peurs et enfin oser réaliser nos rêves et persévérer… Jusqu’à les atteindre.

C’est en elle que nous trouvons le silence dans lequel le possible prend sa source…

*surf buddies : copains surfeurs