13754271_1060855727284913_1626585739414458882_n

Oh Happy (girls) Day !

  4 juillet 2016. Jour de l’indépendance de l’autre côté de la mer… Et ici ?

Un cœur qui fibrille, des bruits de fond permanents, un silence qui a du mal à s’imposer, la promesse d’un Instant qui semble s’évanouir à chaque minute qui passe.

Par moment une douleur-lumière fulgurante qui me traverse toute entière comme pour mieux me faire comprendre qu’il y a encore une urgence.

Je sens mon corps tendu à l’extrême et mes nerfs à bout de force.

Vite ! Urgence de rejoindre la prochaine vague !  Urgence de créer coûte que coûte une a-stimulation nerveuse.

Je me rends à l’évidence. J’y consens totalement. Ça va me libérer ? Vraiment ?

En apnée, je roule vers le spot, histoire d’expérimenter une nouvelle solitude.

Nouvelle ? Oui, celle-là me laisse un goût différent de celle d’avant : avant de me laisser aller au contact d’une énergie d’homme singulière… Avant cette curieuse rencontre avec une sorte de manière d’incarnation du Masculin Sacré. Une onde d’une lumière et d’une couleur si spéciales…

Mais l’heure de s’éloigner est venue. Et avec elle, le moment d’effondrement total, prévisible, insupportable. C’est comme la fois où j’ai du dire au revoir à un fils avant de lui avoir souhaité sa bienvenue au monde. Je me retrouve encore avec un p! de « trop plein d’Amour » qui ne peut pas couler dans la vallée qui devait l’accueillir…

Résonances, conflits d’ondes et … Bourdon ?

Quand deux cordes d’un piano vibrent à la même fréquence, elles dégagent tant d’énergie qu’une troisième se met à vibrer spontanément… C’est le bourdon. Rien à voir avec la mélancolie. Bien au contraire…

Je reconnais cette expérience ! C’est le moment pour moi d’installer définitivement cette vibration à l’intérieur, tout au fond de l’intime. C’est le moment de l’intégrer totalement, d’engrammer cette fréquence, cette essence. Je veux vivre pleinement ma résurrection dans la communion du masculin et du féminin sacré.

J’ai besoin de ralentir le rythme de mon cœur et de dilater mes poumons. De l’eau fraîche sur mon visage…

J’arrive enfin sur la plage

D’abord je me sens seule au dedans comme au dehors… j’ai froid, je me sens vide et je ne vois plus rien. Je me sens coupée du soleil et malgré le bleu du ciel, il fait bien sombre. Je marche, longtemps, loin de l’eau. Après ? J’observe les vagues. Le ressac est doux mais je n’ai pas la force de glisser dans ma combi et encore moins de porter ma planche jusqu’ici.

19h30 : l’accord
D’un seul regard, j’embrasse l’océan. Être seule dans l’eau ne me remplit plus de la même joie. J’ai changé de fréquence. Mes ondes radio oscillent avec une longueur différente, dans une nouvelle direction… Me viennent alors des mots en vrac : ensemble, duo, complément, équilibre, jeu, joie, destination… Puis surgissent de l’abysse : infinitude, mieux encore, complétude. Oui, une infinie complétude…

Je regarde ce mot « COMPLÉTUDE ». Je le ressens là, à l’intérieur. Et puis je me décide à glisser dessus, à cœur perdu…

Maintenant, je ferme les yeux et j’écoute attentivement la voix du bourdon qui murmure …

« Tu es dans l’eau, allongée sur ton surf, face à la mer.

Tu sens les vagues sous ta planche. Tu les ressens avec tout ton corps : ta poitrine, ton ventre, tes cuisses, tes genoux, tes orteils.

Tu observes la mer, ta mer, ton âme… Tu as confiance et tu regardes les vagues. Tu les observes…

Tu en choisis une. Elle est différente des autres tu le sais. Tu l’aimes déjà rien qu’en regardant comment elle arrive vers toi.

Tu pivotes ton surf pour t’aligner sur la vague. Tu es dans le mouvement, rien que là.

Tu te places, tu commences à ramer.

Elle se rapproche. Tu accélères !

Quelques millièmes de seconde de silence et elle déferle avec toi dessus…

La vitesse, le vent, l’eau, le sel, tout est là et tu glisses avec tout ça autour de toi.

Encore quelques dixièmes de secondes et c’est l’impulsion, l’envol ! Et là, tu es debout sur ta planche qui glisse à toute vitesse vers la plage, droit devant !

Renaître ! Bon sang ! Renaître….

Tu arrives au monde à toute allure, toute mouillée, les pieds en appuie sur le plancher !

La Vie, là, dedans, dehors. Partout ! … »

Retour sur la plage… Comme toi, je me pose. Doucement…

Mon regard se pose lui aussi… sur mes pieds, sur le sable devant, sur la mer. Évidence !

Là ! Elle est là l’énergie qui me manquait ! Là ! C’est l’heure d’aller me changer et de me jeter à l’eau !

20h10 : le détachement et la reliance

Au dessus de la ville les nuages sont noirs et encerclent la plage. Au dessus de l’eau, sur le spot, c’est Inti1 qui brille de tous ses feux pour honorer les dernières heures du jour avant de continuer sa course vers demain. Ce soir il m’enrayonne aussi. Je crois… Je me sens tellement bien !

Je suis dans l’eau, sur ma planche et je prends les vagues que la mer veut bien me donner. C’est elle qui me guide…

Oui. Complétude…

Je suis une fille de la Vie.

Inti c’est mon père.

Pachamama2 c’est ma mère

et la mer. Kkuchamama3 c’est mon âme !

Je ne serai plus jamais seule !

Mes yeux ont engrammé un autre regard que le mien. La pensée de solitude a disparu. Pas le moindre manque. Juste le désir, là, de Sahasrara4 à Mooladhara5 .

Ma joie ? D’une puissance folle ! Et bien engrammée elle aussi ! Reliée à cette conscience aigüe d’une curiosité, d’un amusement, d’une autre joie, partagée. Peut-être Aimée…

« – On s’est bien amusés ?

– Eau..  oui ! »

J’existe entièrement…  Complétude !
Rien ne peut disparaître à présent. Chaque session est pour moi comme un Happy (Girl) Day !

Merci à Esprit Surf - Longeville-sur-Mer pour l'image à la Une et le Happy Girls Day du 16 juillet 2016. Il m'a permis de donner naissance à ce texte et d'en lire quelques uns à voix haute. Délices !
 Merci à Claire-Marie, mon coach vocal, et à Joss pour l'inspiration maritime...
 Que de bonheurs partagés !!  GRATITUDE

1Inti est la manifestation inca/panandine du soleil. C’est une force divine reconnue par tous les peuples andins. Selon la mythologie inca, il est le fils de Viracocha, dieu de la civilisation inca. Chaque jour Inti parcourt le ciel vers l’ouest puis plonge dans la mer pour nager et revenir le lendemain matin à l’est et reprendre sa course céleste. Les incas avaient peur lors du coucher du soleil à l’ouest qu’il ne puisse pas nager pour réapparaître le matin suivant à l’est.

2La Pachamama (Terre-Mère), étroitement liée à la fertilité dans la cosmogonie andine, est la déesse-terre dans certaines cultures présentes essentiellement dans l’espace correspondant à l’ancien empire inca. La figure de Pachamama est particulièrement forte chez les peuples Aymara et Quechua. Elle constitue une déesse majeure de la culture pré-inca Tiwanaku en Bolivie.

3Kkuchamama : la mer pour le peuple Quechua

4Sahasrara : nom du chakra couronne (sommet de la tête). Le nom des 7 chakras 7 – Sahasrara, la couronne. 6 – Ajna, le 3ème oeil. 5 – Vishuddi, la gorge. 4 – Anahata, le  cœur. 3 – Manipura, le ventre. 2 – Swadhistan, le sexe. 1 – Mooladhara, la base.

5 Mooladhara : nom du chakra de base (périnée)

 

 


Posted in get insight surf inside, Mise en pratique, Réflexions.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *