Mère et son enfant Cristina Rodriguez

Estime-toi et la Vie t’aimera…

L’estime de soi est une notion dont on entend parler de plus en plus. Surtout depuis que l’OMS (organisation  mondiale de la Santé) s’en est saisie en posant l’idée qu’elle est au cœur de la relation à la santé…

En effet, plus on s’estime et plus on accorde de la valeur à sa santé physique et psychologique, plus on agit dans l’idée de maintenir cette santé, plus on se situe sur le registre de la prévention…

Mes premières conférences sur le sujet datent de 2007 et je n’ai pas attendu l’OMS pour comprendre à quel point l’estime de soi est une dynamique essentielle pour chacun d’entre nous.

Bien sur les livres de Christophe André et François Lelord m’ont apporté beaucoup d’information utiles, mais ce qui me plait le plus, à moi, c’est la pratique. Lire c’est bien, ça fait avancer nos pensées (notre mental), ça peut provoquer de beaux déclics (prises de conscience), mais ça ne produira jamais un changement notoire, où seul un entrainement peut apporter des modifications essentielles.

LestimedesoiL’Estime de soi est une dynamique (en mouvement) qui évolue toute la vie et qui varie en fonction de plusieurs paramètres tant internes pour la personne qu’externe (relatif à son environnement et à la façon dont elle le perçoit).

Cette dynamique est basée sur la façon dont on appréhende ce qui se présente à soi. Or cette façon d’appréhender cette réalité est intimement liée à la façon dont on apprend à se comporter face à un élément ressenti à l’intérieur de soi qui nous informe sur ce qui se passe à l’extérieur de soi. Pour faire court, l’Estime de soi est directement liée à notre capacité d’apprentissage mais surtout à nos stratégies d’apprentissage. Or ces stratégies, nous les apprenons à une époque où « apprendre » n’est pas notre priorité, mais plutôt un « mode de vie ».

Lorsque nous sommes petits, notre cerveau est en plein développement et nous passons nos journées à « apprendre ». A cet âge là on dit « jouer » ;-) Ce n’est que vers 7 ans que le jeu tend à perdre sa place centrale. L’enfant se décentre un peu et commence à considérer différemment ce qui l’entoure.

Pourtant c’est bien dans cette dynamique de plaisir (ou de déplaisir !) que se forge peu à peu notre relation à l’apprentissage, et donc à notre façon de réagir quand se présente à nous la nouveauté, le changement.

Je visionnais il y a peu une conférence de Céline Alvarez sur les mécanismes d’apprentissage chez l’enfant en s’appuyant sur l’expérience d’une classe maternelle Montessori sur une ZEP à Gennevilliers. Je retiens plusieurs choses de cette expérience magnifique avec de jeunes enfants et ce que nous en dit cette conférence :

Apprendre (c’est-à-dire intégrer dans sa façon d’être et dans sa maîtrise) nécessite 4 postures :

  • l’attention
  • l’engagement actif
  • le retour immédiat d’information
  • la consolidation

Ainsi lorsque nous sommes face à la nouveauté nous pouvons être attentif ou non… Si nous voulons nous estimer davantage, nous pouvons choisir d’être attentif (ou non) à au moins une chose sur laquelle nous aimerions progresser.

Puis lorsque nous avons choisi ce sur quoi nous voulons nous améliorer dans l’estime que nous avons de nous-même, il est nécessaire de s’y engager activement, être « dedans », agir.

Car c’est uniquement l’action qui va permettre d’avoir ce retour d’information essentielle qui va permettre d’apprendre. L’échec est alors une partie intégrante du processus et non pas une « sanction ». L’échec vient juste mettre en évidence que quelque chose n’a pas été bien compris.

Et pour que le cette chose soit comprise et maîtrisée il est nécessaire de consolider, c’est-à-dire refaire et refaire, s’entraîner, encore et encore jusqu’à ce que la maîtrise soit satisfaisante pour celui apprend.

J’ai bien aimé la réflexion que m’a faite un médecin récemment  au sujet justement du « travail scolaire ». Il ne s’agit pas tant de travailler que de passer du temps.

Ce qui se fait avec lui, le temps respecte. ce qui se fait sans lui, le temps l’oublie

 Autrement dit, prendre du temps pour (ré)apprendre à s’estimer dans les domaines de la vie où ce n’est pas le cas, ça demande du temps, tout autant qu’un retour immédiat d’information – la vie est notre miroir et nous pouvons compter sur elle pour nous montrer tout ce qui, en nous, n’est pas encore au point – qui ne peut avoir lieu que lorsque l’on s’implique totalement dans le fait d’apprendre, parce que l’on a choisit d’apprendre ou de ré-apprendre à s’estimer.

Mère et son enfant Cristina RodriguezAinsi pour tous nos apprentissages dans le fait de

  • s’aimer inconditionnellement,
  • avoir une vision de soi claire et juste (ses talents, ses ressources et aussi ses limites)
  • avoir confiance en soi et dans la vie

La vie elle-même nous remercie et nous aime en nous faisant des cadeaux au-delà de nos espérances.

Apprendre ou ré-apprendre l’estime de soi c’est tout simplement se donner toutes les chances d’être AVEC et DANS le courant des variantes et de pouvoir plus facilement changer de ligne de vie pour atteindre le but que la vie elle-même souhaite nous offrir.

Le but est le chemin.

Très beau chemin à tous sur les routes de vos apprentissages.

Pour ma part, on est mercredi et je retourne à ce qui me fait grandir chaque jour : être avec mes enfants !

Et pour ceux que cela intéresse : Céline Alvarez et une école centrée sur les enfants : Pour une refondation de l’école