piratebay_renaissance_mutinerie

Une mutinerie comme rempart au bonheur…

tumblr_mnry97A7j51r9jzs2o1_1280 J’adore cette image !!! Les lecteurs de la première heure s’en doutent un peu… vu sa fréquence dans mes articles…

Et aujourd’hui cette image prend un sens encore plus profond.

Aujourd’hui, suite de mes cours de surf…

Au rendez-vous : le soleil, la mer, le vent et des vagues plutôt douces.

Au rendez-vous aussi, deux surprises de ‘Taille » !

D’abord, Herbert, le super prof méga doux et super pro, m’avait préparé une petite réjouissance : le paddle.

De mon côté, c’était comme s’il fallait redonner la main à mon mental, un peu en reste après mon ascension au sommet de la vague de plaisir de la glisse.

Et lorsque mon mental, fort désireux de mener la danse, rencontra le paddle, ce fut comme un emballement contre lequel je ne voulais pas lutter.

Tout le temps m’a été donné pour observer ce jeu de va et vient de mes pensées au sujet du paddle… trop large… trop lourd… pas très maniable… et blablabla…

Mais où était passé mon vertige de l’Amour d’il y a deux semaines ?

Les consignes d’Herbert me semblaient improbables, les manœuvres impossibles, trop d’infos à s’occuper en même temps et puis la pagaie dans les mains, le paddle sous les genoux… et pourtant…

Quelle bonheur de me retrouver face aux vagues, enfin ! Pouvoir me redresser sur ce paddle et les regarder en face sans ciller, doucement, sans les provoquer, juste avancer… quelques secondes… mais il faut virer, revenir, prendre les vagues rester à genou, prendre la pagaie correctement, la mettre sur l’arrière, déjà une vague arrive parmi tant d’autres, et mes oreilles sourdes qui ne l’entendent pas… Le décalage entre les vagues et moi se creuse, mon mental s’emballe, ma tête veut surfer à la place de mon corps, elle veut le contrôle total de l’équipage…

bhfab5sxMais en secret la mutinerie s’organise ! Déjà les bras sont lourds et ne veulent plus de la pagaie, les genoux ne portent plus ce corps devenu gros et lourd, et que l’énergie semble avoir déserté. Les chutes dans l’eau se multiplient et même les éléments s’en mêlent. La marée devient forte à l’assaut de la plage et les vagues grossissent comme un écho à ce poids que je ressens dans le corps, poids qui n’est que l’écho de celui d’un mental trop présent, presque irrévérencieux, au milieu de la mer.

Cette défaite me sert de rempart au bonheur. Elle met une barrière salvatrice entre cette tête qui n’en finit plus de penser et mon être qui enregistre en silence chaque parcelle d’extase qui se joue dans quelques vagues. Des secondes de plaisir prises à la dérobée, derrière la mutinerie qui fait diversion…

Chère mutinerie, merci du fond de mon âme… grâce à toi la légèreté était enfin au rendez-vous, comme au premier jour, avec la fulgurance de l’Instant… Un saut pour monter sur le paddle, à nouveau les yeux fermés… trop lourd ce paddle ! pas d’importance en fait, juste respirer le vent et sentir avec mon corps les vagues qui arrivent, puis soudain ramer à nouveau et c’est une vague suivie d’une autre… une accélération puissante et la planche se soulève encore plus, je m’envole… Surprise par ce moment hors du temps, je n’ai même pas pensé… à me relever … juste être… sur la vague… comment nommer cette seconde d’éternité où je m’unis à la Vie tout entière ? Je ne me pose pas la question dans l’instant. La machine à penser pourrait s’en saisir et la mutinerie serait alors trop forte pour continuer à glisser ou tenter de le faire…

Oui, comment nommer cette seconde d’éternité, d’unité avec la Vie toute entière ? Je ne trouve pas de mot, il n’y en a pas. Il n’y a que de la pureté cristalline, rien d’organisé logiquement, rien de planifié, et pourtant une totale harmonie, une justesse, une ampleur…
Ce soir je ne cherche pas de mots. Je les laisse venir comme ils viennent pour s’assembler en de multiples accords que je n’aurais pu vivre totalement, comme empêchée aujourd’hui…  mais même cet empêchement témoigne de la justesse de la Vie qui m’invite à toujours accepter ce qui est !

Je n’aspire qu’à saisir, encore et encore ce moment, cet Instant indicible…

Toucher du doigt la création… ou presque… et retenter encore…

Comme sur l’image, là-haut… Un jour surfer, le lendemain tenter de le faire, tomber, se laisser porter…

Une plage, le vent, des vagues, un surf … le résumé de nos vies me semble là… comme une quintessence.

 

Quintessence

Quintessence

 

 

 


Mère et son enfant Cristina Rodriguez

Estime-toi et la Vie t’aimera…

L’estime de soi est une notion dont on entend parler de plus en plus. Surtout depuis que l’OMS (organisation  mondiale de la Santé) s’en est saisie en posant l’idée qu’elle est au cœur de la relation à la santé…

En effet, plus on s’estime et plus on accorde de la valeur à sa santé physique et psychologique, plus on agit dans l’idée de maintenir cette santé, plus on se situe sur le registre de la prévention…

Mes premières conférences sur le sujet datent de 2007 et je n’ai pas attendu l’OMS pour comprendre à quel point l’estime de soi est une dynamique essentielle pour chacun d’entre nous.

Bien sur les livres de Christophe André et François Lelord m’ont apporté beaucoup d’information utiles, mais ce qui me plait le plus, à moi, c’est la pratique. Lire c’est bien, ça fait avancer nos pensées (notre mental), ça peut provoquer de beaux déclics (prises de conscience), mais ça ne produira jamais un changement notoire, où seul un entrainement peut apporter des modifications essentielles.

LestimedesoiL’Estime de soi est une dynamique (en mouvement) qui évolue toute la vie et qui varie en fonction de plusieurs paramètres tant internes pour la personne qu’externe (relatif à son environnement et à la façon dont elle le perçoit).

Cette dynamique est basée sur la façon dont on appréhende ce qui se présente à soi. Or cette façon d’appréhender cette réalité est intimement liée à la façon dont on apprend à se comporter face à un élément ressenti à l’intérieur de soi qui nous informe sur ce qui se passe à l’extérieur de soi. Pour faire court, l’Estime de soi est directement liée à notre capacité d’apprentissage mais surtout à nos stratégies d’apprentissage. Or ces stratégies, nous les apprenons à une époque où « apprendre » n’est pas notre priorité, mais plutôt un « mode de vie ».

Lorsque nous sommes petits, notre cerveau est en plein développement et nous passons nos journées à « apprendre ». A cet âge là on dit « jouer » ;-) Ce n’est que vers 7 ans que le jeu tend à perdre sa place centrale. L’enfant se décentre un peu et commence à considérer différemment ce qui l’entoure.

Pourtant c’est bien dans cette dynamique de plaisir (ou de déplaisir !) que se forge peu à peu notre relation à l’apprentissage, et donc à notre façon de réagir quand se présente à nous la nouveauté, le changement.

Je visionnais il y a peu une conférence de Céline Alvarez sur les mécanismes d’apprentissage chez l’enfant en s’appuyant sur l’expérience d’une classe maternelle Montessori sur une ZEP à Gennevilliers. Je retiens plusieurs choses de cette expérience magnifique avec de jeunes enfants et ce que nous en dit cette conférence :

Apprendre (c’est-à-dire intégrer dans sa façon d’être et dans sa maîtrise) nécessite 4 postures :

  • l’attention
  • l’engagement actif
  • le retour immédiat d’information
  • la consolidation

Ainsi lorsque nous sommes face à la nouveauté nous pouvons être attentif ou non… Si nous voulons nous estimer davantage, nous pouvons choisir d’être attentif (ou non) à au moins une chose sur laquelle nous aimerions progresser.

Puis lorsque nous avons choisi ce sur quoi nous voulons nous améliorer dans l’estime que nous avons de nous-même, il est nécessaire de s’y engager activement, être « dedans », agir.

Car c’est uniquement l’action qui va permettre d’avoir ce retour d’information essentielle qui va permettre d’apprendre. L’échec est alors une partie intégrante du processus et non pas une « sanction ». L’échec vient juste mettre en évidence que quelque chose n’a pas été bien compris.

Et pour que le cette chose soit comprise et maîtrisée il est nécessaire de consolider, c’est-à-dire refaire et refaire, s’entraîner, encore et encore jusqu’à ce que la maîtrise soit satisfaisante pour celui apprend.

J’ai bien aimé la réflexion que m’a faite un médecin récemment  au sujet justement du « travail scolaire ». Il ne s’agit pas tant de travailler que de passer du temps.

Ce qui se fait avec lui, le temps respecte. ce qui se fait sans lui, le temps l’oublie

 Autrement dit, prendre du temps pour (ré)apprendre à s’estimer dans les domaines de la vie où ce n’est pas le cas, ça demande du temps, tout autant qu’un retour immédiat d’information – la vie est notre miroir et nous pouvons compter sur elle pour nous montrer tout ce qui, en nous, n’est pas encore au point – qui ne peut avoir lieu que lorsque l’on s’implique totalement dans le fait d’apprendre, parce que l’on a choisit d’apprendre ou de ré-apprendre à s’estimer.

Mère et son enfant Cristina RodriguezAinsi pour tous nos apprentissages dans le fait de

  • s’aimer inconditionnellement,
  • avoir une vision de soi claire et juste (ses talents, ses ressources et aussi ses limites)
  • avoir confiance en soi et dans la vie

La vie elle-même nous remercie et nous aime en nous faisant des cadeaux au-delà de nos espérances.

Apprendre ou ré-apprendre l’estime de soi c’est tout simplement se donner toutes les chances d’être AVEC et DANS le courant des variantes et de pouvoir plus facilement changer de ligne de vie pour atteindre le but que la vie elle-même souhaite nous offrir.

Le but est le chemin.

Très beau chemin à tous sur les routes de vos apprentissages.

Pour ma part, on est mercredi et je retourne à ce qui me fait grandir chaque jour : être avec mes enfants !

Et pour ceux que cela intéresse : Céline Alvarez et une école centrée sur les enfants : Pour une refondation de l’école